Récit d’un premier Half Ironman

Récit d’un premier Half Ironman

Dimanche 12 Mai 2019, date cochée sur le calendrier depuis plusieurs mois maintenant pour Alicia, qui s’est lancée le défi de participer à son premier Half Ironman, à Aix en Provence, avec comme objectif 1er: Finir La course. 

Avant ce jour si particulier, il a fallu se préparer, s’entraîner, pour mettre toutes ses chances de son côté…  

 

 

L’ aventure à commencé l’année dernière, au mois de Juin 2018, à la suite du Triathlon d’Annecy où dixit Alexia: « j’ai craqué mentalement, je sors de manière correcte de la natation puis je me fais doubler en vélo, mais là je n’ai fait que de me faire dépasser, j’ai jamais réussi à accrocher une roue, j’ai lâché mentalement et abandonné d’orgueil à la transition n°2. » 
Suite à cet épisode, Alicia était déçue d’elle-même, de son mental, elle a donc décidé de se fixer un objectif qui paraissait inimaginable pour « son niveau » afin de se tester, un défi, du dépassement de soi, quelque chose à se prouver? Il n’y a qu’elle qui pourra y répondre…
À quoi bon, déterminée dans son choix, elle décide donc de se prendre en main sur l’aspect entraînement, ancienne nageuse, et pensionnaire du Guc natation à Grenoble, elle est venue toquer à la porte de Julien, préparateur physique de Run&Sens, la tête et les jambes, pour se faire accompagner dans sa démarche et se faire aider, sans ça, elle savait d’avance qu’elle ne serait pas assidue…
Afin de remettre les choses dans leur contexte, Alicia est étudiante en Pharmacie, depuis qu’elle a suivi cette voie, le sport a été quelque peu laissé de côté afin de pouvoir se focaliser sur son parcours professionnel, elle courait le 10 Km en 1h03, et le sport était plutôt occasionnel.
Comme à chaque début de suivi, nous avons effectué une batterie d’évaluations, qui allait ensuite permettre de pouvoir adapter son entraînement en fonction de son objectif, de ses forces et de ses faiblesses, ça a permis également de pouvoir construire tout son plan d’entraînement afin de lui donner les meilleures chances de progression.
À la suite de cela, elle était en autonomie sur la gestion et la mise en place de ses séances, qu’elle recevait chaque semaine dans sa boîte mail avec des objectifs bien définis et en corrélation avec son profil (renforcement musculaire, course à pied, vélo), à savoir qu’il n’est pas très facile au départ de se prendre en charge tout(e) seul(e) pour s’entraîner. Sa mission, à chaque fin de semaine, était de faire un débriefing de chaque séance afin de pouvoir ré-orienter le travail de la semaine suivante si besoin.
« Là où la progression des entrainements a été la plus flagrante, c’est en course à pied. Les entrainements sur piste étaient difficiles mais j’étais tellement contente quand j’arrivais à les tenir. Là où je pense avoir péché légèrement, c’était sur les séances « longues », c’était dur pour moi, j’avais toujours l’impression que je n’y arriverai pas. J’ai parfois un peu adapté mais à chaque fois je me disais : je dois le faire parce que je peux pas dire que je n’ai rien fait. Les adaptations qui ont été amenées suite aux différentes périodes (pépins de santé compris… ) ont été salutaires et pour ça merci beaucoup.
Les séances sur le vélo m’ont aussi permis de progresser, je faisais les 40km à Embrun en 2h04 et à Aix en Provence j’ai fait les 88km en 3h50 ça n’a quand même rien à voir… Le travail sur Home trainer cet hiver m’a fait énormément de bien, j’aurais été incapable de savoir m’entrainer si j’avais été seule, car les sorties avec les potes c’est bien mais c’est pas du « travail efficace » ! Bon j’ai encore ENORMEMENT de boulot pour arrêter de passer toute la partie vélo à me faire doubler mais bon! J’ai gagné des cuisses c’est indéniable (mes pantalons me le disent d’ailleurs !!)
D’ailleurs les séances de renforcement musculaire étaient vraiment top, en complément du kiné, parce que j’ai quand même commencé la prépa avec un syndrome de l’essui glace et il ne faut pas négliger le renforcement musculaire pour éviter ça !! et si je n’avais pas été accompagnée, je ne pense pas que mes genoux iraient bien aujourd’hui.
Après j’ai pas eu de chance pour le Psoas (une petite tendinite qui s’est réveillée après mon semi marathon …) C’est la vie et ça m’a permis de relever le défi de ne pas abandonner malgré le fait que j’ai tellement galéré pendant la partie course du half de Aix. Donc l’objectif du début est validé x2 ! »
Aux vues des entraînements pendant toute la préparation, Alicia pensait pouvoir passer sous la barre des 7h, mais avec des douleurs au psoas qui se sont réveillées pendant son semi-marathon, la fin de la planification a du être adaptée afin de la préserver au maximum et lui donner un maximum de chances de pouvoir réussir l’atteinte de son objectif, même si après celui-ci, elle en a déjà pleins d’autres en tête. Ce qu’elle a perçu avec ce type d’encadrement, c’est qu’elle a pu progresser intelligemment durant près de 10 mois, et que le goût de s’entraîner est devenu une saveur particulière…
 
Voici quelques objectifs que s’était fixé Alicia avant de se lancer sur son Half Ironman:
– 35 min de nat
– moins de 4h de vélo
– faire ce que je peux en course selon ma jambe
– ne pas être dernière
– prendre du plaisir

Le jour J: Récit…
« L’arrivée au lac est quelque peu spéciale, avec un vent à décorner les boeufs, un plan d’eau à moins de 16degrés et des vagues, d’énormes vagues !
L’attente est interminable avant de commencer à nager à cause du rolling start et je plonge déjà congelée, le parcours de nat c’est un aller-retour, à l’aller soleil dans les yeux, je ne vois pas les bouées mais ça va j’avance, en me disant c’est froid, serre les dents, ça va bien aller puis on fait demi tour (vous pouvez aller voir les comptes rendus de course des instagrameurs genre margotDVG ), mais en gros c’était un peu surréaliste, on se prenait des vagues, les gens paniquaient donc on avait les kanoés et les bateaux de secours un peu partout, les gens se mettaient en planche pour qu’on les récupère; bref je faisais que de me dire : allez c’est bientôt fini il te reste 15 min max tourne les bras et ne regarde pas autour de toi.
Bref je finis par m’extirper du glaçon géant et je regarde ma montre : 40 min l’horreur! mais 2100m, horreur quand même ! (alors que finalement je sors en milieu de tableau) c’est juste qu’on avait tous galéré.
La transition natation-vélo : je suis frigorifiée et les vélos sont à 800m de course du plan d’eau je cours en me déshabillant et je prends bien le temps de me sécher les pieds, mettre les chaussettes, rajouter un Kway et hop c’est parti sur le vélo…
Les premiers kilomètres se passent nickel, il y a  beaucoup de vent mais c’était du plat – faux plat, alors j’avance je me fais dépasser mais ça comme d’habitude j’essaie de pas y faire trop attention,  je regarde juste que j’avance puis on change de direction et là c’est le début des bourrasques de vent de côté avec le vélo qui chasse un peu.
Les gens avec les roues pleines qui tombent, puis le vent de face qui commence à taper, là j’appuyais sur les pédales, je dépassais pas les 20km/h.  
Je me suis dit : ok continue, ne regarde plus l’heure et tourne les jambes, aujourd’hui c’est vraiment un test sur toi-même!
Bref je mange bien, je bois bien,  j’arrive au col de Cengle,  je me dis ça va passer en 3h40 cette histoire! Trop cool!
Puis je commence à grimper … au ralenti …  je commence à sentir ma jambe et là dans ma tête ça a commencé à trotter, je me suis dit que je n’arriverais jamais à courir et que la fin était bien loin … bref je termine tant bien que mal cette partie vélo.
Je le pose,  j’enfile mes chaussures, je fais 400m et je me dis : did not finish is not an option! Mais tu vas souffrir !
Puis je vois mes copains sur le bord de la route et je me suis dit allez ce semi tu penses ravito après ravito et copains après copains en gros il y avait 3 ravitos par boucle (3 boucles) et je voyais les copains sur 2 endroits du parcours. Le but était devenu de trottiner quand je les voyais (actrice !) de marcher dans les montées et de re-trottiner jusqu’au ravito ! Première boucle finie je sais dans ma tête que je vais finir mais que ça ne passera pas sous les 7h donc j’ai pris le parti de profiter du moment d’être sympa avec les bénévoles, et là je croise une fille (Céline !) avec des troubles digestifs (comme beaucoup d’ailleurs car avec les vagues on a pas mal bu la tasse) et elle avait déjà 2 chouchous, donc c’était son dernier tour, nous nous sommes un peu soutenues en se disant: allez jusqu’à la fin de son Half on trottine (elle m’a re-contacté sur Facebook après pour me remercier) je la laisse finir et je repars pour mon dernier tour en me disant t’es pas dernière, continue!
Puis la ligne d’arrivée se profile, je la coupe, et là, c’est le pied! Enfin la libération et le : c’est bon je l’ai fait !
Quand les potes me disent : Alors ? Ma première réaction ça a été de dire : j’ai pris 0 minutes de plaisir
J’étais déçue d’être avant avant dernière de ma catégorie, de ne pas avoir pu passer sous les 7h, d’avoir été physiquement embêtée …
Mais quelques jours après et après de nombreuses discussions avec ami(e)s Ironman, marathoniens, kiné…
J’ai en fait pris conscience que ça n’est pas donné à tout le monde en fait… que je l’ai fini, que je l’ai fait, que je n’ai rien lâché, que c’était mon premier et que c’était déjà bien.
Alors aujourd’hui avec du recul je suis toujours légèrement ambivalente : j’ai adoré m’entrainer et j’ai encore +++ envie de préparer d’autres défis, je suis fière de moi de ne pas avoir abandonnée. Ma vison de cette « performance » est certainement erronée à cause de mon entourage rempli de sportifs aguerris et complètement fous. Mais j’ai maintenant une revanche à prendre sur un semi puis sur un half!

 

 

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